Lorsque les Maraudeurs deviennent
plus qu un simple mythe
Chapitre
15 : Fin de vacances mouvementée (2).
Un peu après
dix-sept heures, James et Harry étaient au terrain de Quidditch, se lançant
mutuellement le Souaffle. Malgré son manque d’expérience en la matière, Harry
ne s’en tirait pas trop mal pour quelqu’un qui n’avait jamais manipulé cette
balle et qui n’avait jamais été formé à ce poste assez particulier qu’était
celui de Poursuiveur… !
Sirius était
partit, une bonne demi-heure plus tôt, encore plus qu’amusé par la situation
dans laquelle son meilleur ami allait se retrouver… mais avait néanmoins
ajouté, avant de partir que, “fort heureusement, Harry serait là pour compter
les coups et pour empêcher Corny et Evans de s’entretuer” (pour reprendre, mot
pour mot, ce qu’il avait dit, avant de se hâter de détaler, ne préférant pas
être confronté plus longtemps à un James de TRES mauvaise humeur…
Harry avait
aussitôt proposé d’aller jouer un peu au Quidditch, pour essayer de calmer le
maître des lieux… ! Et, effectivement, une série de courses et quelques
échanges de Souaffle avaient suffis à faire retomber la mauvaise humeur de
James et à lui faire oublier l’arrivée imminente de sa rivale préférée à Poudlard… !
«-
D’accord… ! C’est pas mal d’être Poursuiveur, mais je préfère de beaucoup
mon poste d’Attrapeur… ! commenta Harry, en réceptionnant tant bien que
mal une passe de James.
- C’est sûr que ça a rien à voir… !
observa ce dernier. Mais tu te débrouilles plutôt bien pour quelqu’un qui
n’utilise le Souaffle que depuis quelques jours seulement… ! ajouta-t-il,
en lui renvoyant la balle. N’empêche, je me demande bien ce qui est passée par
la tête de ma mère lorsqu’elle s’est proposée de prendre Evans à la
maison… ! » grommela-t-il.
Harry soupira, exaspéré, et manqua le Souaffle par la même
occasion. Cette petite séance de Quidditch lui avait “presque” fait oublier
l’arrivée imminente de Lily à Godric’s Hollow… ! L’adolescent secoua la
tête, en se hâtant d’aller le récupérer.
«- Tu
nous as dit, toi-même, tout à l’heure que, d’après ce que tu en savais, ta mère
la prenait chez vous parce qu’elle n’avait personne d’autre chez qui
aller ! répondit tranquillement Harry.
- Hum… ! marmonna James. Non, ce que je
voulais dire c’est que mon père risque de ne pas voir ça d’un très bon œil,
s’il venait à… ! »
Il
s’interrompit en apercevant Maggy, qui, au sol, faisait de grands gestes quasi
désespérés à leur attention. Visiblement, cela faisait un moment qu’elle
gesticulait de la sorte.
Sur ce, les deux
adolescents se hâtèrent de revenir sur la terre ferme.
«- Maître
James… ! couina la petite Elfe, visiblement soulagée. Madame votre mère
est rentrée et m’a envoyée vous chercher… !
- Merci, Maggy ! répondit l’adolescent.
Part devant et dit à ma mère qu’on arrive… ! »
La petite
créature acquiesça d’un signe de tête et disparue aussitôt, tandis que les deux
garçons échangeaient un regard.
« Bon, je
pense qu’on n’a pas le choix… ! observa enfin James. Alors,
allons-y ! »
Harry s’abstint
de commentaire, mais tous deux partirent vers le manoir. Tous deux, pantelants,
gagnèrent finalement l’entrée, où Elizabeth Potter se trouvait, en compagnie de
Lily.
James, passant
machinalement la main dans ses cheveux en bataille, ne put s’empêcher
d’esquisser un semblant de sourire devant l’ébahissement bien visible de
l’adolescente qui observait avec stupeur la pièce, ses yeux vert émeraude
rougis par des pleurs encore récents faisant le tour de la pièce, avec un
semblant d’appréhension.
« Ah vous voilà,
tous les deux… ! » s’exclama Elizabeth, en apercevant les deux
garçons.
Lily revint à la
réalité et eut un pâle sourire en découvrant, à son tour, la présence des deux
compères qu’elle salua distraitement.
« Salut… !
lança James, d’un ton raide. Désolé pour tes parents… ! »
Elle s’assombrit et
resta silencieuse, les yeux brillants de larmes qu’elle s’efforçait de cacher
en baissant la tête, même si ce détail n’échappa pas à Harry.
« Bon, les
garçons, je compte sur vous pour que Lily se sente bien ici… ! Elle
restera avec nous jusqu’à la rentrée… ! »
James ouvrit la
bouche pour protester, mais un discret coup de coude de Harry l’en dissuada.
James se renfrogna mais garda le silence, avec mauvaise humeur.
«- Alors, Jimmy,
je te laisse faire visiter le manoir à Lily et l’aider à s’installer,
d’accord ?
- Oui, m’man ! grommela-t-il. Pas de
problème… ! »
De toute
évidence, la perspective de devoir passer deux semaines de vacances avec Lily
ne l’enthousiasmait pas particulièrement, même si Elizabeth ne semblait même
pas s’être aperçue de la réticence plus que manifeste dont son fils faisait
preuve. Alors que, pour Harry, ce petit séjour imprévu de Lily chez les Potter
représentait une occasion idéale pour permettre aux deux de mieux se connaître
l’un et l’autre.
« Bien… !
reprit Elizabeth. Dans ce cas, Lily, si tu as besoin de quoi que ce soit, voit
avec James ou Harry… ! Sinon, fait comme chez toi, d’accord ? »
Lily resta
silencieuse mais répondit d’un bref hochement de tête. Elizabeth, l’air
satisfaite, partit, laissant seuls les trois adolescents.
« Bon, je
vais te montrer ta chambre, Evans… ! » suggéra soudain James, les
mains dans les poches, brisant le silence qui s’était installé après le départ
de sa mère.
Lily acquiesça
d’un autre signe de tête et voulu prendre ses affaires (un simple sac dans
lequel elle avait du mettre toutes ses affaires réduites) mais Harry l’arrêta
d’un geste.
« C’est bon,
je m’en occupe… ! » intervint-il d’une voix douce.
Lily releva alors
la tête et lui adressa un petit sourire reconnaissant.
«- Merci… !
murmura-t-elle.
- Mais de rien… ! »
Sur ce, les trois
adolescents se dirigèrent vers l’escalier, sans un mot de plus.
* * * * *
Harry soupira,
caressant machinalement Gaïa qui ronronnait comme un bien heureux, les pattes en
l’air et vautré sur le lit de son maître. Ce dernier était accoudé à la
balustrade du balcon, perdu dans ses réflexions. En cet instant, Harry aurait
payé cher pour savoir ce qui se passait dans la tête de son futur père… !
Ca faisait une bonne demi-heure qu’il était comme ça, depuis qu’ils avaient
laissé Lily dans la chambre qu’elle occuperait durant son séjour chez les
Potter… !
Harry se passa
machinalement la main dans les cheveux, quelque peu agacé par la situation. Et
le fait de toujours rester dans l’ignorance la plus absolue n’était pas pour
arranger son humeur… ! Si seulement Sirius (l’adulte), le professeur
Lupin, ou n’importe qui d’autre avait pu lui parler un peu plus de ses parents,
il aurait peut-être pu savoir, comment ils avaient fini par sortir ensemble…,
ou des trucs du genre… ! Alors que là… ! C’était l’avancée à
l’aveuglette la plus totale… ! Pas le moindre indice… ! Il devait
avancer à tâtons, grappillant ici et là quelques bribes d’informations (qui se
révélaient plutôt maigres !) ! D’ailleurs, c’en était presque
risible… ! Après tout, il venait du futur… ! Il devrait être celui
qui apporte les réponses plutôt que d’être celui qui les demande… !
Il soupira à
nouveau et se leva, arrachant un miaulement de protestation à Gaïa.
« Désolé mon
gros, mais j’ai besoin d’aller me dégourdir un peu les jambes ! Va plutôt
voir ton maître… ! » marmonna Harry, en désignant James qui n’avait
pas bronché pour un sou.
Harry secoua la
tête d’un air exaspéré et quitta la chambre, pour s’arrêter devant une autre
porte, fermée. Il hésita un moment mais se décida à frapper, discrètement, au
battant. Après tout, il pouvait bien aller prendre des nouvelles de
l’adolescente et, peut-être, essayer de lui remonter un peu le moral.
« C’est
ouvert ! » commença simplement la voix morne de la jeune fille.
Décidément, elle
devait être sacrément déprimée, même si ça pouvait se comprendre, songea-t-il,
en ouvrant la porte, pour apercevoir Lily, assise sur le bord du lit,
s’essuyant les yeux d’un revers de manche. Mais elle eut cependant un léger
sourire en l’apercevant.
«- Oh, salut
Harry ! lança-t-elle. Que me vaut cette petite visite ?
- Oh, je voulais juste prendre de tes
nouvelles… ! Et puis, James n’est pas particulièrement causant… !
- Ca ne lui ressemble pas
pourtant… ! » rétorqua-t-elle, avec une légère touche de dédain dans
la voix.
Harry jugea
préférable de ne pas s’attarder sur cette réplique et se hâta de changer de
sujet.
« Alors, tu es
bien installée ? » s’enquit-il.
Elle répondit d’un
bref signe de tête positif. Il y eut un long moment de silence, pesant.
«- Alors…, tu… tu
as passé de bonnes vacances ? demanda-t-elle, d’une voix incertaine.
- Oui, ça allait ! J’ai passé près d’un
mois et demi seul avec les Maraudeurs et je suis encore en un seul morceau,
comme tu peux le voir ! »
Lily eut un léger
sourire.
« Je vois
ça… ! »
Il y eut un
nouveau moment de silence et Harry, pour cacher son malaise croissant, jeta un
regard autour de lui, pour s’arrêter sur une photo que la jeune fille tenait à
la main. Celle-ci, suivant son regard, s’assombrit aussitôt.
« C’est une
photo de ma famille… ! murmura-t-elle, s’efforçant de garder contenance.
Ou du moins de ce qu’elle était… ! »
Harry grimaça
légèrement.
« Je… Je
suis désolé, pour tes parents ! lâcha-t-il. Même si je ne les connaissais
pas, je suis sûr que c’était des gens bien et qu’ils ne méritaient pas ce qui
leur est arrivé ! »
Lily hocha la
tête, les yeux baissés vers la photo, les doigts tremblants. Elle renifla.
« Ils… !
Ils voulaient juste se faire une soirée en tête à tête… ! souffla-t-elle.
Ils étaient juste allés passer une soirée en ville… ! Mais ils ne sont
jamais revenus… ! Jamais… ! »
Elle éclata en
sanglots, incapable d’en dire plus. Harry hésita un bref instant, et vint
s’asseoir à côté d’elle, avant de passer un bras autour de ses épaules,
compatissant. Elle releva les yeux vers lui, des larmes coulant à présent
librement sur ses joues.
« Je… !
J’étais restée seule… à la maison ! laissa-t-elle échapper, entre deux
sanglots. Tu… tu ne peux… pas imaginer… le choc que… que j’ai eu… quand un…
employé… du Ministère est… est venu pour me… le dire et… et m’emmener…
avec lui… au Ministère ! »
Harry resta
silencieux, ne sachant pas trop quoi dire… ! Mais qu’est-ce qui pouvait
être dit dans une telle situation ? Lui, il n’avait jamais vraiment connu
ses parents… il ne pouvait donc pas vraiment comprendre ce que ressentais sa
future mère qui, elle, avait eu le temps de connaître et d’aimer ses parents pendant
plus de seize ans… ! Il avait déjà été confronté à la mort de personnes de
son entourage…(à commencer par le meurtre de ses parents…, ou la mort de
Cédric) et il savait ce que ça pouvait faire de perdre quelqu’un qui compte
beaucoup pour soi… !
«- Ils me manquent
tellement… ! reprit-elle. J’aimerai tellement qu’ils soient là… !
Mais c’est impossible… ! Plus jamais je ne les reverrai… !
- Lily… ! Je ne peux pas dire que tout
s’arrangera… car ça n’est pas vraiment le cas… ! Mais la situation ira en
s’améliorant, tu verras… ! Mais tu sais, ce n’est pas comme si tes parents
étaient définitivement partis… ! On m’a, un jour, dit que nous nous
souvenons plus clairement d’eux que jamais lorsque nous sommes dans la
détresse… ! Que les morts que nous avons aimés ne nous quittent jamais,
qu’ils vivent en nous… ! »
Elle rencontra,
pour la première fois depuis le début de la “discussion”, le regard troublé de
Harry et, malgré ses larmes, acquiesça d’un signe de tête.
«- Tu… ! Tu
as sûrement raison… ! souffla-t-elle, en reniflant. C’est juste
que… ! Ca fait mal de se dire que, il y a moins de deux jours, j’avais
encore mes parents et que… là, comme ça, en l’espace d’une soirée… !
- Je sais… ! Mais personne ne pouvait
prévoir une telle chose… ! C’est normal de souffrir et d’avoir de la peine
quand on perd quelqu’un qu’on aime… ! C’est naturel… ! Et c’est
encore trop récent pour que tu puisses contenir ta peine… ! Même si c’est
une blessure qui ne se referme jamais vraiment tout à fait, elle finit par
s’estomper, petit à petit… ! commenta Harry. Même si la personne n’est
plus là, auprès de toi, elle reste toujours présente dans ton
cœur… ! »
Lily acquiesça
une fois de plus, renifla et inspira profondément. Harry sortit un mouchoir de
sa poche et le tendit à l’adolescente qui le prit avec reconnaissance avant de
se lever
«- Merci !
murmura-t-elle.
- De rien… !
- Tu as raison ! » commenta-t-elle
finalement, en essuyant ses larmes d’un revers de manche.
Elle eut un rire
amer.
«- C’est une
chance que Potter ne m’ait pas vu comme ça… ! Il s’en serait donné à cœur
joie, à Poudlard… !
- Il ne ferait jamais une chose pareille,
j’en suis sûr… ! répliqua Harry.
- Ca se voit que tu ne le connais pas encore
assez… ! répliqua-t-elle, en lui adressant un regard.
- Pour ce que j’en sais, je pense qu’il n’est
pas du tout comme tu l’imagines… ! Il ne ferait pas ça… ! »
insista Harry.
Lily l’observa,
l’air sceptique. Finalement, elle soupira et se leva, glissant sa photo dans
l’une de ses poches.
« Je dois avoir
une tête horrible… ! soupira-t-elle, en grimaçant légèrement. Je
reviens… ! »
Sur ce, elle fila
dans la pièce adjacente à la chambre. Et, effectivement, elle revint peu après,
l’air un peu plus sereine, ayant réussit à faire pratiquement disparaître toute
trace de ses pleurs. Presque au même moment, on frappa à la porte qui était
restée entrouverte et James apparu dans l’encadrement de la porte, affichant
une expression on ne peut plus neutre.
« On va
bientôt passer à table… ! commenta-t-il, avant d’adresser un bref regard à
Lily. Alors, bien installée ? »
Elle hocha
brièvement la tête en guise de réponse. James haussa un sourcil mais ne fit
aucun commentaire, tandis que le regard de Harry passait de l’un à l’autre.
« On ferait
bien de descendre ! » conclut James, semblant soudainement trouver un
grand intérêt à la pointe de ses chaussures.
Sur ce, les trois
adolescent quittèrent la chambre, sans prononcer le moindre mot.
* * * * *
Le lendemain, les
deux garçons, levés de bonne heure, discutaient de tout et de rien, attablés
devant un bon petit-déjeuner… Elizabeth, quand à elle, suivait, l’air amusé,
leur conversation.
«- Mais moi je
t’assure que les couleurs ont un goût… ! certifia James, entre deux
toasts.
- Mais c’est pas possible… ! rétorqua
Harry. Une couleur est une couleur… ! Ca a pas de goût…, bon, c’est vrai
que si tu manges le contenu d’un tube de gouache t’auras de la couleur
mais… !
- De la gou…quoi ? s’étonna le
Maraudeur.
- Gouache… ! Un truc de peinture
Moldu… ! expliqua patiemment Harry, tout en se promettant mentalement
d’arrêter de faire des allusions de ce genre aux objets Moldus.
- Ah… ! Enfin, je t’assure,
Harry… ! Par exemple, je t’assure que le jaune à le goût de l’œuf… !
Ou le bleu a le… ! »
La porte s’ouvrit,
interrompant James dans son débat “existentiel” au sujet de l’expression “il
en faut pour tous les goûts et toutes les couleurs !” que Harry avait
eu le malheur de laisser échapper… !
Il y eut un
moment de silence lorsque Lily entra, timidement, dans la pièce, visiblement
encore impressionnée par les proportions des lieux.
«- Bonjour
Lily ! Tu as bien dormit ? s’enquit Elizabeth, en se levant.
- Oui, très bien, Mrs Potter ! répondit
poliment l’adolescente.
- Et bien, joins-toi à nous, Lily… ! »
continua Elizabeth, voyant la jeune fille hésiter.
Celle-ci
acquiesça et vint s’asseoir près de Harry qui lui adressa un sourire engageant.
«- Salut !
lança-t-il avec entrain. Au début, on pensait t’attendre mais on, ou plutôt
devrais-je dire, James a pensé qu’il serait préférable de te laisser
dormir… ! Donc on est descendu quand même… !
- Je suis capable de retrouver mon chemin
tout de seule, comme tu peux le voir… ! répliqua-t-elle, tranquillement,
tout en jetant un bref regard au Maraudeur qui semblait trouver un intérêt
soudain à son assiette. Mais c’est gentil d’y avoir pensé… !
- C’était normal… ! répliqua Harry qui
se devait bien d’occuper comme il pouvait les conversations, plutôt que de
laisser s’instaurer un de ces silences pesants qui le mettaient franchement mal
à l’aise. Tu veux un toast… ? ajouta-t-il, en lui tendant une assiette
recouverte de toasts.
- Euh, oui, merci ! »
Elizabeth
observa, sans un mot, les trois adolescents qui lui faisaient face, un peu
surprise par le mutisme plus qu’inhabituel de son fils… ! Elle eut un
léger sourire, tandis que son regard passait de l’un à l’autre des jeunes gens
et secoua la tête d’un air amusé.
Un peu avant la
fin du repas, plusieurs volatiles surgirent dans la salle à manger, passant
d’un coup d’ailes, par une fenêtre ouverte.
« L’heure du
courrier… ! » commenta Elisabeth, en levant les yeux vers les
animaux.
Les trois
adolescents, ayant aussitôt cessé de manger, suivirent son regard plus par réflexe
qu’autre chose, pour apercevoir sept rapaces et… une mouette…
«- Une
mouette ? s’étonna Lily, stupéfaite.
- Ouais… ! marmonna James. Elle est à
Sirius… !
- Il me semble pas l’avoir déjà vu à
Poudlard, pourtant… ! Enfin, quoi qu’il en soit, je ne sais pas pourquoi,
mais je pense que j’aurai pu m’en douter… ! soupira Lily en levant les
yeux au ciel. Il ne fait décidément jamais rien comme les autres,
celui-là ! » ajouta-t-elle, à voix basse.
Mais James, ayant
visiblement entendu, lui adressa un regard noir mais n’eut guère le temps de
répondre car deux des rapaces et la mouette, qui répondait au “doux” nom de
Moeve, vinrent se poser devant lui, cette dernière manquant de peu de renverser
un pichet de jus de citrouille. Harry sourit, en songeant à la première fois où
il avait vu Moeve…, trois jours après son arrivée à cette époque… !
L’oiseau avait fait une entrée plus que fracassante dans la Grande Salle, avec
une demi-heure de retard sur les autres oiseaux, et avait trouvé le moyen d’atterrir
dans l’assiette de Peter… ! D’après ce que les Maraudeurs lui en avait
dit, Sirius, huit ans plus tôt, lors d’une balade au bord de mer, avait sauvé
la petite mouette des griffes d’un gros matou et avait prit le parti s’occuper
du bébé mouette blessé qui, dès lors, n’avait plus voulu le quitter… !
Les deux autres
oiseaux étaient beaucoup plus…“conventionnels”… et tout aussi connus car
n’étant autre que Solstice et…
« Tiens,
Linotte ! » commenta James, en apercevant la chouette chevêche au
plumage fauve qui était posée à côté du moyen-duc de Remus.
Linotte, de son
vrai nom Gélinotte, était le hibou de Peter…, mais le rapace devait son surnom
au fait qu’il était, bien souvent, tout aussi…“tête de linotte” que son maître…
Et, autant Moeve avait encore, à l’occasion, quelques problèmes de précision à
l’atterrissage, autant ceux de Linotte se révélaient très souvent
catastrophiques, un peu comme ceux d’Errol à l’époque de Harry… !
Celui-ci secoua
la tête, chassant ces pensées de son esprit, et jeta un regard à James qui
venait de se lever d’un bond pour réceptionner, à deux mains, la
chevêche… !
« Au moins,
ça réduit la casse… ! » commenta le maître des lieux, visiblement
fier de son coup, tenant étroitement le rapace qui, comme les deux autres,
portait un paquet.
Harry sourit
puis, se tournant de l’autre côté, aperçu une petite chouette au plumage
mordoré perchée sur l’épaule de Lily et que l’adolescent mit un peu de temps à
identifier…, mais qui n’était autre qu’Angel, la chouette de la jeune fille que
Harry avait déjà eu l’occasion de voir une fois durant son bref séjour à
Poudlard… ! L’un des autres rapaces n’avait fait que passer, déposant un
exemplaire de la Gazette du Sorcier devant Elizabeth qui était entourée par les
trois autres rapaces qui se dispersèrent peu après, sitôt qu’elle les eut
déchargé des lettres qu’ils portaient.
«- Une lettre du
Ministère… ! commenta-t-elle. A ton attention, Lily ! ajouta-t-elle,
avant de tendre ladite missive à la jeune fille. Une lettre de Franck… !
ajouta-t-elle. Et deux lettres en provenance de Poudlard… !
poursuivit-elle, en jetant un regard aux sceaux des deux lettres qu’un hibou
grand-duc lui avaient apportées. Dont une pour toi, Harry ! conclut-elle.
- Pour moi ? s’étonna l’adolescent.
- Oui, pour toi… ! » répliqua
Elizabeth en souriant et en lui tendant la dite lettre.
Il y eut un
moment de silence, alors que tout le monde s’intéressait à son courrier. Harry,
tout en décachetant l’enveloppe, appréhendant ce qu’il risquait d’y trouver (peut-être
Dumbledore avait-il finalement trouvé un moyen de le renvoyer à son
époque ?), jeta un coup d’œil à Lily qui fixait, l’air singulièrement mal
à l’aise, sans oser l’ouvrir, la lettre du Ministère qui lui était destinée.
Elizabeth sembla,
elle aussi, s’en rendre compte car elle prit la parole.
« Vu que
vous aviez tous pratiquement fini de manger, pourquoi n’iriez-vous pas lire en
toute tranquillité… ? » suggéra-t-elle, leur donnant ainsi
l’autorisation de quitter la table.
Les trois jeunes
ne se firent pas prier et se hâtèrent de quitter la Salle à manger et Lily
regagna presque aussitôt la chambre qu’elle occupait pendant son séjour chez
les Potter.
«- Eh, Harry, tu
viens ? lança James, en constatant que l’adolescent traînait en arrière.
- Oui, j’arrive ! » répondit ce
dernier, en le rejoignant.
Harry avait
appris, un peu par hasard, au gré d’une quelconque discussion, les dates
d’anniversaires des Maraudeurs et il se trouvait que, en ce 21 août, James
avait dix-sept ans… ! Mais Harry ne s’en était souvenu que le matin même,
lorsque Elizabeth avait souhaité un bon anniversaire à son fils, et s’était
donc excusé de ne pas lui avoir acheté de cadeau tout en se promettant de le
faire dès que possible… il s’arrangerait… ! Mais, visiblement, le fait
d’avoir des nouvelles (et des cadeaux) de ses meilleurs amis avait mit James
d’excellente humeur.
Revenus dans la
chambre de ce dernier, chacun entreprit de s’intéresser à son courrier
respectif. Harry, assis en tailleur sur son lit, ouvrit l’enveloppe qu’il avait
précédemment décachetée et en sortit un parchemin et, à sa plus grande
surprise, quelques Gallions (Dumbledore ne lui avait-il pas déjà donné de quoi
acheter ses affaires pour la rentrée ?). Etonné, Harry entreprit de lire
les quelques lignes inscrites sur le parchemin, de la main même du directeur de
Poudlard.
“Harry,
Bien que je t’ai
écrit la semaine dernière, j’ai jugé bon de t’envoyer une autre lettre ainsi
que quelques Gallions supplémentaires pour te permettre, disons, d’acheter,
tout de même, quelque chose pour l’anniversaire… d’une certaine personne ! (Harry sourit légèrement à ce sous-entendu) Alors, fais-en bon
usage !
Autrement, j’ai
été informé du fait que, après la mort de ses parents, Lily Evans passait le
reste des vacances chez les Potter… ! Malgré les circonstances, voilà tout
de même, une parfaite occasion pour toi de faire contre mauvaise fortune bon
cœur, et d’en profiter pour mieux les connaître… !
Sinon, en ce qui
concerne ta situation, nous sommes toujours au même stade que la semaine
dernière…, autrement dit, à rien… !
Sur ce, passes de
bonnes vacances !
Albus
Dumbledore.”
Harry sourit tout
en songeant que Dumbledore semblait, décidément, avoir le don d’anticiper ce
qui lui passait à l’esprit… Enfin, au moins, le problème financier en ce qui
concernait l’achat du cadeau pour James se trouvait ainsi résolu, même le
problème du “oui, mais quoi ?” n’avait pas encore de réponse.
Il fut sortit de
ses réflexions par un Gaïa enthousiaste qui sauta sur ses genoux.
« Eh, mais
qu’est-ce qui te prend, toi ? » s’étonna Harry, tout en glissant sa
lettre et l’argent dans sa poche d’une main et en caressant le chat de l’autre.
L’animal
ronronna, venant se frotter contre lui. Tout en passant et repassant la main sur
le pelage soyeux du félin, insistant derrière les oreilles, Harry leva les yeux
vers James qui, vautré sur son lit, parcourait une des lettres qu’il avait
reçu.
« Alors,
qu’est-ce qu’ils t’ont envoyé pour ton anniversaire ? » demanda
Harry, le ramenant ainsi à la réalité.
James releva la
tête vers lui, un large sourire aux lèvres.
« Un
échantillon de farces et attrapes d’Autriche, de Grande Bretagne et de France,
un livre sur le Quidditch et un autre recensant toutes les farces et blagues
réalisées dans le monde entier depuis deux siècle et des confiseries en tout
genre ! résuma-t-il. Le seul truc un peu moins sympa de leur part c’est
que Sirius est allé dire à Remus que ma mère avait invité Evans à la
maison… ! Résultat, il a l’air de trouvé cette situation très
AMUSANTE ! » grommela-t-il, en désignant une des lettres qu’il tenait
à la main.
Harry soupira,
secouant la tête, l’air lassé, mais ne fit aucun commentaire.
* * * * *
«- Dis, il
faudrait peut-être aller voir ce que deviens Lily ? intervint Harry, après
le déjeuner, alors qu’il se trouvait avec James dans la chambre de ce dernier.
- Pourquoi ça… ? Elle est assez grande
pour se débrouiller toute seule, que je sache !
- Mais elle est pas réapparue depuis qu’elle
a reçue son courrier… ! insista Harry. Il faudrait peut-être aller voir
comment elle va… ! »
James, allongé
sur son lit, se redressa, prenant appui sur son coude, pour jeter un regard à
Harry.
«- Ben, vas-la
voir si tu y tiens… ! commenta-t-il.
- Je pense que ça serait plutôt à toi d’aller
la voir… ! rétorqua calmement Harry, en caressant la tête de Gaïa.
- Moi ? s’étonna James. Et pourquoi
ça ?
- On est chez toi que je sache… !
répondit innocemment Harry. Je trouve ça normal que, en tant que maître des lieux,
tu ailles tout de même t’informer de comment va votre invitée… !
- Ce n’est pas moi qui l’ai invité… !
grogna James. Je me serait bien passé de sa présence ici… !
- James, tu sais, elle est dans une période
difficile… ! riposta Harry, en relevant les yeux vers lui. Toi, tu as la
chance d’avoir tes parents…, plus elle… ! Ce n’est pas de mépris qu’elle a
besoin pour l’instant mais de soutien… ! Alors, je sais que vous êtes
comme chien et chat, tous les deux, mais tu pourrais peut-être faire exceptionnellement
un effort, non ? »
James voulu dire
quelque chose, soutenant le regard grave de Harry, mais se ravisa. Finalement,
il soupira, se laissa à nouveau aller sur le dos, sur son lit et se passa une
main sur la figure, non sans avoir enlevé, au préalable, ses lunettes.
« Et tu
trouves le moyen de me faire culpabiliser… ! marmonna-t-il, tout en
remettant ses lunettes. Ca va, tu as gagné, j’vais aller la voir… ! »
Sur ce, il se
leva et quitta, avec mauvaise humeur, la pièce. Harry le suivit des yeux
jusqu’à ce que la porte se referme derrière lui et esquissa un sourire.
« Et ben
voilà… ! commenta-t-il. C’est un autre pas de fait ! »
ajouta-t-il, en caressant toujours Gaïa.
Le chat miaula,
comme pour approuver.
* * * * *
James traversa le
couloir en maugréant, mais il s’arrêta, tout de même, en atteignant la chambre
qu’occupait l’adolescente durant son séjour. Il soupira et remis un peu ses
idées en ordre avant de se décider à se lancer.
La porte étant
entrouverte, il pensa qu’il ne devait pas y avoir trop de risque de
l’interrompre à un mauvais moment. Cependant, il frappa discrètement, mais,
n’obtenant pas de réponse, il se risqua à passer la tête par l’entrebâillement,
pour apercevoir l’adolescente assise sur le lit, les bras entourant ses genoux
qu’elle avait remontée sous son menton, les yeux dans le vague. Elle ne
semblait même pas s’être aperçut de sa présence….
Il hésita un peu
sur la marche à suivre… Le moment était peut-être mal choisi ?! Il allait
repartir mais il se ravisa soudain, pour une raison inexprimable, et tenta, une
fois de plus, d’attirer l’attention de la jeune fille.
« Toc,
toc ! » lança-t-il, en s’efforçant de paraître le plus naturel
possible, en tapant discrètement à la porte.
Cette fois, elle sembla
revenir à la réalité car elle leva les yeux, rougis, vers lui et eut un pâle
sourire qui prit un peu l’adolescent au dépourvu… ! Jamais, à part,
peut-être, au tout début de leur rencontre (les trois premiers jours qui avait
suivis leur arrivée à Poudlard), elle ne lui avait adressé la plus petite ombre
d’un sourire… ! Enfin, elle devait sûrement être perturbé par la mort
encore récente de ses parents… ! En tout cas, il mit ce qui venait de se
passer sur le compte de cette supposition, et qui serait confirmé par ce que
Harry lui avait dit auparavant.
«- Je… ! Je
te dérange ? demanda-t-il, tout en se demandant pourquoi il hésitait de
cette façon.
- Tu es chez toi, autant que je
sache… ! » répliqua-t-elle simplement, sur un ton indéfinissable.
Il préféra ne pas s’appesantir sur
ce sujet et entra dans la pièce, tandis que Lily détournait la tête, reprenant
l’air songeur qu’elle avait lorsqu’il était arrivé. Un moment de silence
s’instaura, aucun d’eux n’osant prononcer le moindre mot.
James s’agitait nerveusement, mal à
l’aise, figé près de la porte, n’étant pas un grand adepte de ce genre de
silence pesant. A plusieurs reprises, il voulu dire quelque chose, mais se
ravisa à chaque fois. Finalement, il se décida à engager la conversation.
« Même si ma question risque de te
paraître stupide…, ça va ? » demanda-t-il, s’efforçant de cacher son
malaise croissant.
Lily resta un moment silencieuse,
l’observant du coin de l’œil, mais finit par acquiescer d’un bref signe de
tête.
« Je sais que ça dois être dur
pour toi, tout ça… ! Mais… ! » continua-t-il, un peu embarrassé.
Elle ne répondit pas et se contenta
de détourner les yeux… James commençait à se dire qu’il perdait son temps à
essayer d’être aimable avec elle. Il inspira profondément, s’exhortant
mentalement à rester aussi agréable que possible et battre en retraite sans
plus tarder.
« Bon, ben, j’étais juste passé
voir si ça allais… ! reprit-il. Mais je crois que je ferai mieux de te
laisser tranquille… ! Si tu as besoin de quelque chose, tu sais où me
trouver… ! » ajouta-t-il, avant de tourner les talons.
Il n’eut cependant pas l’occasion
d’aller bien loin car il se figea en l’entendant renifler. Il se retourna, et
jeta un bref regard à l’adolescente qui, bien évidemment, n’allait pas bien… !
Elle avait enfouie son visage entre ses bras et s’était un peu plus
recroquevillée sur elle-même… ! James grimaça et hésita un moment sur la
conduite à tenir… ! Il n’avait pas vraiment l’habitude de ce genre de
situation… ! En fait, il ne se rappelait pas avoir du, ne serait-ce qu’une
fois, réconforter quelqu’un… et encore moins une fille en pleurs… ! Mais,
comme on dit, il faut bien un début à tout… ! Il soupira et, sans vraiment
prendre conscience de ce qu’il faisait, il s’approcha d’elle, s’assis sur le
bord du lit et posa la main sur son épaule, la faisant tressaillir au passage.
« Laisse-moi tranquille,
Potter ! » siffla-t-elle, d’une voix tremblante, en cherchant à
s’écarter de lui alors que, au même moment, il retirait sa main, mal à l’aise.
Devait-il vraiment laisser
tomber… ? Non, ce n’était pas dans ses habitudes d’abandonner quelqu’un
qui avait des problèmes… ! Et Evans en avait manifestement un… !
Donc, il devait faire son possible pour l’aider… ! Et même si c’était Evans,
il ne se sentait pas le cœur pour la laisser tomber alors qu’elle passait un
moment difficile… !
Il hésita un moment, observant les
efforts qu’elle faisait pour retenir ses larmes.
«- Evans… ! tenta-t-il.
- Je t’ai dis de me laisser tranquille, Potter ! rétorqua-t-elle
en reniflant. Mais ça doit sûrement te plaire… ! Comme ça, à Poudlard, tu
pourras te vanter “d’avoir vu Lily Evans pleurer” ! »
Il eut un bref mouvement de recul.
Ce n’était vraiment pas dans ses intentions et cette idée ne lui avait même pas
effleuré l’esprit… ! La compassion qu’il avait éprouvé un peu plus tôt à
son égard disparue aussitôt, remplacé par la colère… ! Il essayait de se
montrer aimable et pour quoi… ? Se faire envoyer paître… ? Sur le
coup, il avait bien envie de la planter là et ne plus jamais l’approcher à
moins de dix mètres mais il se retint… !
Après tout, une des choses que sa
mère lui avait inculqué dès sa plus tendre enfance n’était-elle donc pas
d’aider les autres… ? A ne pas laisser tomber ceux qui ont besoin d’aide… ?
Comme ça avait été le cas pour Remus quelques années plus
tôt… ! James avait été le premier à découvrir le secret de son ami si
réservé, dès la fin de la première année… ! Mais il s’était abstenu d’en
parler…, jusqu’à ce que la vérité éclate au grand jour en début de troisième
année, pour une raison dont il était incapable de se souvenir… ! Quoi
qu’il en soit, ni Sirius, ni Peter, ni lui n’avait laissé tomber Remus… !
Au contraire, ils étaient devenus des Animagi pour lui tenir compagnie… !
Là, la situation n’était peut-être pas aussi grave, mais, même si
c’était Evans, il se devait de l’aider… ! Ca devait être dur pour
elle… ! Après tout, faire le deuil de quelqu’un à qui on tient énormément
ne devait pas être facile… ! Il soupira et tendit à nouveau la
main… ! Il se ravisa soudain, hésitant, puis se risqua à poser, une fois
encore, la main sur l’épaule de l’adolescente qui essaya à nouveau de
s’écarter, même si, cette fois, il resserra sa prise sur son épaule.
« Evans… !
Ce n’était pas du tout dans mon intention de me moquer de toi… ! C’est
normal de pleurer, non ? Laisse-moi t’aider… ! Tu as un problème en
ce moment, ça ne fait aucun doute… ! murmura-t-il. Je sais que je ne suis
pas la personne la mieux placée pour ça mais, tu sais, ça te ferait du bien
d’en parler, au lieu de garder ça pour toi toute seule… ! »
Elle cessa de se débattre, mais ses pleurs redoublèrent. Bien sûr,
elle avait un problème… ! Bien sûr, la meilleure solution serait d’en
parler… ! Mais, pour ça, il fallait qu’elle accepte d’en parler… ! Et
c’était tout autre chose… ! Ayant sa fierté, elle ne s’abaisserait jamais
à avouer aussi facilement ses problèmes…, et encore moins devant lui… !
Devant le désarroi le plus total de l’adolescente, James, qui,
cette fois, se sentait sincèrement désolé pour elle, ne réfléchit pas vraiment,
se rapprocha d’elle et l’entoura de ses bras. Elle se raidit aussitôt, mais,
tout aussi brutalement, elle laissa libre cours à ses pleurs et se laissa aller
contre lui, venant enfouir son visage au creux de son épaule.
C’est à cet instant qu’il réalisa vraiment ce qu’il venait de
faire… ! Lui, James Potter, venait de prendre Evans, la fille qu’il
supportait le moins dans tout Poudlard, dans ses bras pour la
réconforter… ! La situation aurait pu être risible, si elle n’était pas
aussi étrange… ! Jamais, au grand jamais, il n’aurait envisagé une telle
possibilité… ! Et, curieusement, il en était plutôt satisfait… ! Il
reprit la parole, passant machinalement la main le long du dos de l’adolescente
dans un geste qui se voulait apaisant.
« Je ne pense pas être la personne idéale pour faire ce qu’il
faut faire dans ce cas… ! Et je sais très bien que Harry ou Remus seraient
sûrement plus à même que moi pour te réconforter mais… ! commença-t-il,
calmement. Je sais que ça ne doit pas être facile pour toi ! Je ne peux
pas dire que je comprend ce que tu ressent et ce qui t’arrive parce que ça
serait mentir… ! Mais je peux deviner ce que ça peut faire que de perdre
quelqu’un qui nous est cher… ! »
Il s’interrompit à nouveau,
hésitant.
« Je sais que, entre nous, ça
n’a jamais été la grande entente mais…, si tu as besoin d’en parler, tu peux
compter sur moi… ! Ce n’est pas bon de toujours tout garder pour
soi… ! Ca finit toujours par ressortir, d’une façon ou d’une autre… !
Et pas toujours de la meilleure façon qu’il soit… ! »
Il ne sut jamais combien de temps il resta là, tentant
vainement de réconforter la jeune fille dont les larmes finirent,
progressivement, par se tarir. Elle renifla.
«- Eh… ! Dis,
c’est pas une raison pour te moucher sur ma robe… ! lança-t-il, moqueur.
Prends ça, ça sera plus pratique… ! ajouta-t-il, en sortant un mouchoir de
sa poche et en le lui tendant, tout en notant le pâle sourire qu’il avait
réussit à lui soutirer.
- Merci ! murmura-t-elle, en s’écartant.
- Oh, c’est rien… ! répliqua-t-il. Ca va mieux ?
- Oui… ! » assura-t-elle, l’air un
peu mal à l’aise.
Il esquissa un
bref sourire et se remit debout. Il y eut un moment de silence durant lequel il
s’agita nerveusement, observant l’adolescente qui avait à nouveau baissé les
yeux.
«- Je dois partir
pour l’enterrement demain matin… ! commenta-t-elle finalement, sans le
regarder.
- Ah ! Et tu vas devoir t’absenter
combien de temps… ?
- Trois jours ! répondit-elle.
- C’était pour ça… la lettre du Ministère je
veux dire ? » tenta James.
Elle confirma
d’un signe de tête, et un nouveau moment de silence s’instaura qui fut
brutalement brisé par un bref éclat de rire que laissa échapper Lily.
« Qu’est-ce qu’il
y a ? » s’étonna James, surpris qu’elle puisse rire dans une telle
situation.
Elle leva les
yeux vert lui, avec un maigre sourire.
« Je me
disais juste que ce n’était pas si impossible que ça qu’on ait une discussion
civilisée… ! »
James sourit.
« Ben, comme
quoi, on ne passe pas notre temps à se taper dessus… ! »
Il y eut un
moment de silence.
«- Tu es plus
mature que je le pensais, Potter ! commenta finalement Lily.
- Je dois prendre ça comme un compliment, je
suppose ? » répliqua James, ne sachant pas trop comment il devait
considérer cette remarque.
Lily ne répondit
pas tout de suite, mais détourna vivement les yeux. Elle attendit quelques
avant de reprendre la parole.
« Tu
aimerais bien que ça en soit un, hein ? » répliqua-t-elle, en
rencontrant son regard, tout en esquissant un petit sourire malicieux.
James resta
silencieux et ce fut à son tour de détourner les yeux, semblant soudain trouver
un grand intérêt à ses chaussures.
Une fois de plus,
le silence se fit dans la pièce, jusqu’à ce que James se décide à prendre la
parole.
«- Bon, c’est pas
tout ça mais il faut que j’y aille… ! déclara-t-il. Si tu as besoin de
quoi que ce soit, tu peux compter sur nous, Harry et moi, je veux dire… !
Euh, sinon, si tu as faim…, vu que tu n’es pas venue au déjeuner… !
- Non, c’est bon… ! Mais merci quand
même ! »
James hocha la
tête et se hâta de quitter la pièce. Une fois revenu dans le couloir, il
s’adossa au mur et soupira, tout en se passant la main dans les cheveux,
remettant de l’ordre dans ses pensées. Mais, malgré tous ses efforts, il ne
pouvait s’empêcher de repenser à cet instant où il avait serré l’adolescente
dans ses bras, le parfum de la jeune fille encore bien présent dans son esprit…
Il soupira,
secoua la tête et repartit vers sa chambre.
* * * * *
Trois jours
s’étaient écoulés. Lily était partie en début de matinée, deux jours plus tôt,
en compagnie d’Elizabeth qui devait passer au Ministère. Les deux adolescents s’étaient
installés dans le jardin, à l’ombre d’un arbre, et discutaient de tout et de
rien. Ni James ni Lily n’avait refait allusion à leur petite “discussion” dans
la chambre de cette dernière et Harry s’était passé de commentaire lorsque
James, à l’immense soulagement de celui-ci, avait regagné sa chambre.
Gaïa gambadait
dans le jardin, jouant dans un parterre de fleurs à la poursuite d’un crayon
que son propriétaire avait métamorphosé en souris. James, qui avait emprunté la
Gazette du Sorcier du jour, feuilletait le journal et s’intéressa à la rubrique
“sport”, tout en discutant avec son ami.
«- N’empêche,
cette attaque de Mangemorts aura, tout de même, eu un point positif… !
commenta nonchalamment James.
- Ah bon, tu trouves ? s’étonna Harry.
- Ouais, ça va occuper mon père pendant un
moment… ! Avec un peu de chance ça le gardera même, peut-être, au
Ministère jusqu’à la rentrée… ! Dans la lettre qu’il a envoyé à ma mère il
y a trois jours, il disait qu’il avait été désigné pour se joindre au groupe
d’Aurors qui est chargé d’assurer la sécurité des joueurs de Grande-Bretagne et
des Etats-Unis… ! expliqua le Maraudeur, en parcourant rapidement une page
du regard. Tiens, d’ailleurs, ils parlent du match… !
- Ah, mais je croyais qu’il était reporté… ?
- Oui… ! confirma James. Et
d’ailleurs… ! ajouta-t-il, avant de s’interrompre, lisant avec un intérêt
soudain un des articles. OUAIS !
- Qu’est-ce qu’il y a ? s’enquit Harry.
- On va quand même pouvoir aller assister au
match… ! s’enthousiasma James. Il a été reporté au 28 !
- C’est super… ! approuva Harry en
souriant. Mais, dans ce cas, Remus pourra venir, en fin de compte… !
- Ouais… ! approuva James. Il n’aime pas
spécialement le Quidditch mais je suis sûr qu’il sera tout de même enchanté de
venir ! Je lui enverrai Eole, quand on rentrera à la maison, pour lui
proposer… !
- Ben, on n’a qu’à rentrer maintenant… !
suggéra Harry en se levant. Comme ça, tu ne risque pas d’oublier de le
faire… !
- Tu n’as pas tort… ! approuva James, en
se levant à son tour et en pliant le journal. Gaïa, viens, on
rentre ! »
Le chat jaillit
du parterre, la souris dans la gueule. James sourit, prit son chat dans les
bras et rendit son aspect d’origine à la souris.
* * * * *
En ce début de
soirée, les deux adolescents, après avoir consacré une bonne partie de
l’après-midi à jouer dans le stade de Quidditch, paraissaient dans la chambre
de James. Alors que ce dernier, vautré sur son lit, était plongé dans sa
lecture du dernier numéro de Balai-Magazine, Harry, lui, était plongé
dans ses réflexions, cherchant le meilleur moyen d’aborder le sujet qui le
préoccupait depuis quelques temps… !
Harry se mordit les lèvres,
hésitant, cherchant le meilleur moyen de formuler sa question. Finalement, il
s’assit sur son lit, prit son courage à deux mains et se lança.
«- Eh, James, tu te souviens du soir
où on a été à l’infirmerie après le match contre Serpentard ?
- Ouais, bien sûr, pourquoi ? s’étonna ce dernier en levant
les yeux de son magazine et en se tournant vers lui.
- Et bien, ce soir-là, tu m’avais demandé ce que je pensais de
Lily Evans et…, je me demandais pourquoi tu m’avais posé, comme ça, cette
question ? »
Harry s’efforça à ne pas sourire,
devant la gêne manifeste de son “ami”.
«- Euh…, et bien…, c’est que… !
bafouilla James, rougissant considérablement et en masquant sa gêne en baissant
les yeux vers ses mains. C’est… un peu compliqué… ! Et, euh… ! Mais
pourquoi tu veux savoir ça… ?
- Juste par curiosité… ! Après tout, tu m’avais demandé mon
avis sur Lily…, et je voulais savoir ta propre opinion sur ce sujet, vu que tu
ne m’en a pas laissé le temps l’autre soir, à l’infirmerie… ! »
James resta silencieux, mais Harry
fut persuadé qu’il avait encore un peu plus rougi. Harry eut un léger sourire.
Il l’avait obligé à reculer dans ses retranchements…, maintenant il n’y avait
plus qu’à attendre qu’il se décide… ! Harry se leva et s’approcha
nonchalamment de la fenêtre, regardant à l’extérieur. Aucun d’eux ne prononça
un mot, jusqu’à ce qu’un Elfe de Maison vienne leur dire, au grand soulagement
de James, que le dîner était prêt… !
* * * * *
« Et bien,
Jimmy, qu’est-ce qui t’arrive ? » s’étonna Elizabeth, durant le
repas.
L’adolescent releva
la tête de son assiette en grimaçant.
«- M’an, tu sais
très bien que je n’aime pas que tu m’appelles comme ça… ! protesta-t-il.
- En effet ! répliqua-t-elle en souriant
légèrement. Mais, ça a au moins le mérite de te faire parler… ! »
James se
renfrogna, tandis que Harry pouffait discrètement.
«- Alors,
qu’est-ce qui ne va pas, mon chéri ? insista Elizabeth à l’adresse de son
fils.
- Oh rien… ! Je réfléchissais, c’est
tout… ! marmonna l’intéressé.
- Tu réfléchissais ? répéta Elizabeth en
souriant. Dans ce cas, il semblerait que tu réfléchisse beaucoup pendant les
repas, depuis que j’ai amenée ta camarade à la maison… ! »
James baissa les
yeux, mais Harry était certain que le Maraudeur avait rougi à la remarque de sa
mère. Harry sourit légèrement.
«- C’est pas ma
camarade… ! grogna James, tout en semblant trouver un intérêt soudain au
contenu de son assiette.
- Bien sûr… ! commenta sa mère en
souriant. Mais il n’y a aucune honte à avoir, Jimmy ! »
Harry était
partagé entre l’envie d’éclater de rire et celle de prendre partie de James qui
était tellement gêné qu’il faisait vraiment pitié.
«- C’est tout
naturel à ton âge… ! continua Elizabeth. Et puis, elle a l’air d’être
quelqu’un de très bien, tu sais… !
- Maman… ! protesta James, avec l’air de
vouloir disparaître sous terre. T’imagines pas des choses ! Je l’aime
pas… !
- C’est ce que ton père disais aussi… !
rétorqua-t-elle. Et regardes, ça n’a pas empêché qu’on fasse notre vie
ensemble… ! »
James avait, à présent,
pris une belle teinte écarlate qui aurait été très bien assortie à sa robe de
Quidditch… ! Harry avait, lui aussi, baissé les yeux vers son assiette et
se mordait les lèvres pour ne pas rire. Décidément, tout le monde semblait
s’être donné le mot pour “cuisiner” James sur ses sentiments vis-à-vis de Lily…
«- J’ai plus
faim… ! grommela soudain ce dernier. Je peux sortir de table ?
demanda-t-il, visiblement à l’adresse de sa mère, sans lever les yeux de son
assiette.
- Fait ce que tu veux, mon chéri… !
répondit Elizabeth, tout sourire. Mais n’oublie pas que si tu veux en
parler… !
- Oui, oui, j’y repenserai… ! »
lâcha vivement James, en se hâtant de quitter la table.
Elizabeth secoua
la tête, l’air amusée, suivant des yeux son fils jusqu’à ce qu’il quitte la
pièce, claquant la porte derrière lui.
«- Ahlala, les
garçons… ! soupira-t-elle. Tous les mêmes… ! Dis-moi, Harry, tu avais
une petite amie avant de venir ici ?
- Euh oui… ! avoua l’intéressé. Mais
c’est vrai que j’ai eu bien du mal à oser lui dire ce que j’éprouvais pour
elle… !
- Mais tu l’as tout de même fait… !
commenta Elizabeth. J’ai dû te paraître bien impitoyable, non ?
- Non… ! Mais je ne m’attendais pas à ce
que vous abordiez le sujet…, d’autant plus que j’avais déjà essayé de lui en
parler, juste avant le repas… !
- Oh, je vois… ! commenta Elizabeth en
souriant. Comme quoi, ils sont bien les seuls à ne pas s’en être rendus
compte… ! »
Elizabeth resta
un long moment silencieuse, perdue dans ses pensées, sans se départir de son
sourire.
« Enfin,
pourquoi tu n’irais pas le rejoindre… ? suggéra-t-elle, finalement. Le
connaissant, tu ne devrais pas avoir trop de mal à le faire
parler… ! » ajouta-t-elle en lui adressant un regard entendu.
Harry sourit à
cette remarque.
« Mais ça ne
vous dérange pas que… ? insista l’adolescent.
- Bien sûr que non, Harry !
assura-t-elle. Tu peux y aller… ! Mais, avant… ! ajouta-t-elle en
désignant le gâteau au chocolat qui devait faire le dessert. Tu devrais lui
apporter une part… ! commenta-t-elle. Et bien sûr en prendre pour toi,
pour la route… ! »
Harry sourit un
peu plus largement, remercia la sorcière, et prit quelques parts du gâteau
avant de se diriger, à son tour, vers la sortie.
* * * * *
Une fois dans le hall, Harry hésita
sur l’endroit par lequel il ferait mieux de commencer ses “recherches”, jusqu’à
ce qu’un miaulement le tire de ses réflexions. Cherchant du regard l’origine du
“bruit”, il ne tarda pas à apercevoir Gaïa qui grattait la porte et miaulant
d’un air désappointé.
« Ton maître est dehors, c’est
ça… ! commenta alors Harry en s’approchant du félin qui cessa son petit
manège et leva les yeux vers lui. Bon, je te laisse sortir, mais toi, en
échange, tu me conduis à ton propriétaire, d’accord ? »
Le chat miaula et
se frotta à ses jambes, comme pour confirmer. Harry sourit et le chat bondit
dans le jardin dès qu’il lui eut ouvert la porte. L’adolescent ne mit pas
longtemps, grâce au chat, à retrouver James. En effet, il finit par apercevoir
ce dernier assis près du petit lac. Le chat miaula de contentement et se hâta
de sauter sur les genoux de son maître, le ramenant à la réalité. Celui-ci
s’assombrit en apercevant Harry.
« Tiens, ta
mère m’a dit de t’apporter ça ! » lança ce dernier, en arrivant à sa
hauteur, en lui tendant une part du gâteau.
Le Maraudeur
n’esquissa pas le moindre geste, fixant l’étendue d’eau tout en caressant, d’un
air absent, son chat.
«- C’est toi qui
a mis cette idée en tête à ma mère ? demanda finalement James d’une voix
neutre.
- Bien sûr que non ! rétorqua Harry,
tout de même un peu offensé qu’il puisse penser une telle chose. Tu as si peu
confiance en moi pour croire que je puisse faire ça ? »
James resta
silencieux.
« Désolé… !
Mais comment a-t-elle fait pour savoir ? »
Harry éclata de
rire.
« C’est
assez évident, non ? commenta-t-il. Après tout, ta mère a été
adolescente…, elle sait ce que c’est… ! »
James resta, une
fois de plus, silencieux.
«- Tu l’aimes, hein ? reprit Harry, à brûle-pourpoint,
en s’asseyant à côté de lui.
- Oui… ! admit-il, au bout d’un moment.
Je sais pas pourquoi, mais je l’aime… ! avoua-t-il, avec une petite
grimace penaude. Depuis la première fois qu’on s’est rencontré, j’ai su qu’elle
n’était pas comme les autres… ! Je sais pas, elle avait quelque chose
qui… ! C’était la première fois de ma vie que je ressentais ça… !
Mais c’est perdu d’avance… ! ajouta-t-il, s’assombrissant aussitôt.
- Et pourquoi ça ? s’étonna Harry.
- Ca paraît pourtant évident… ! Depuis
toujours, et comme tu me l’a fait remarquer dernièrement, on a toujours été
comme chien et chat, elle et moi ! Et là, du jour au lendemain, je
voudrais que tout change… ?! C’est impossible… ! Elle ne m’aime pas,
elle… !
- Je n’en suis pas si sûr… ! rétorqua
Harry. Après tout, on dit bien que la haine est proche de l’amour… ! La
limite entre les deux est minime… ! Il faut juste savoir faire la part des
choses… ! »
James resta
silencieux, perdu dans ses réflexions.
«- Elle ne m’aime
pas, elle ! insista-t-il, l’air sombre.
- Comment tu le sais… ? Tu lui as
demandé ce qu’elle pensait de toi… ?
- Bien sûr que non, je ne suis pas
suicidaire… ! grommela-t-il. Et je ne tiens pas à me faire jeter… !
- Qu’est-ce qui te fait dire qu’elle te “jetterait”
si tu allais la voir ? »
James le fixa,
affichant une expression intraduisible.
«- Rien que ce
qui s’est passé il y a trois jours est une preuve suffisante… ! Je veux
dire, j’ai essayé d’être sympa avec elle, quand je suis allé la voir, ça n’a
pas été facile de lui faire comprendre que j’étais là pour l’aider… !
- Mets-toi un peu à sa place… ! observa
Harry. Depuis toujours elle fait les frais de vos blagues, involontaires ou
non, elle se démène pour amasser des points que, de son point de vue, vous
perdez par vos actions de Maraudeurs… ! D’après ce que je sais d’elle, la
réussite scolaire est très importante pour elle…, vu que, de par le fait
qu’elle soit d’origine moldue, la plupart des autres sorciers ont des a priori
sur elle… ! Ou du moins, elle doit se sentir dévalorisée aux yeux des
autres…, et, du coup, elle se sent obligée de réussir dans son travail, pour
montrer que même des sorciers qui, comme elle, n’ont pas d’origines
prestigieuses aux yeux de certains élèves, peuvent réussir… !
- C’est elle qui t’a dit ça ? s’étonna
James.
- Non… ! De là où je viens, j’avais une
amie, qui était dans le même cas qu’elle… ! Fille de moldus, elle faisait
les frais des quolibets des autres… ! Au début, elle voyait d’un très
mauvais œil les escapades que mon meilleur ami et moi faisions, et des pertes
de points qui, souvent, en découlaient… ! Même après qu’on soit devenus
amis, elle a toujours très mal vu les pertes de points… ! Etant donné que
c’était elle qui en gagnait le plus… ! Elle aussi était préfète, et elle
doit sûrement être Préfète-en-Chef à l’heure qu’il est… !
- Tu n’as pas de nouvelles de tes amis ?
l’interrompit James, étonné.
- Non… ! soupira Harry. Enfin, quoi
qu’il en soit, mes deux amis étaient un peu dans la même situation que Lily et
toi… ! Ils arrêtaient pas de se chamailler, et, pourtant, ils sortaient
ensemble quand je suis parti… ! »
James resta
silencieux, réfléchissant visiblement à ce que Harry venait de dire.
«- Mais…, je ne
sais pas… ! reprit le Maraudeur. Je veux dire, elle et moi, on n’est même
pas amis, contrairement à tes deux amis… !
- Et alors… ? répliqua Harry. Ce n’est
pas toi qu’elle n’aime pas, mais c’est l’idée qu’elle se fait de toi… !
Pour elle, tu es le meneur des Maraudeurs, immature, irresponsable et obsédé de
Quidditch… ! Si tu la laissait voir ta vraie personnalité, le James Potter
sérieux que tu caches si bien quand tu es à Poudlard, je suis sûr qu’elle ne te
verrait pas de la même façon… !
- Elle me vois vraiment comme ça ?
- Euh…oui ! » avoua Harry, avec une
petite moue.
James baissa la
tête, pensif.
«- Alors, c’est
pour ça qu’elle m’a dit que j’étais plus mature qu’elle le pensais, il y a
trois jours ?
- Pourquoi elle t’a dit ça… ? s’enquit
Harry.
- Ben, tu sais, quand je suis allée la
voir… ! J’ai dû la réconforter et… ! »
Il soupira et se
laissa aller sur le dos, dans l’herbe, les bras derrière la tête, un petit
sourire rêveur aux lèvres.
« Tu te rend
compte que, pour la première fois, j’ai eu l’occasion de la serrer contre
moi… ? C’était tellement étrange…, et plaisant en même temps… !
avoua-t-il. Et puis, ça me faisait mal de la voir pleurer comme ça… !
C’était… je sais pas trop comment l’expliquer… ! Je veux dire, j’avais
vraiment de la peine pour elle…, j’avais envie de partager sa peine, de l’aider
à se sentir mieux… ! Et quand elle m’a sourit… ! »
Harry sourit.
« Et ben, tu
vois, c’est un bon début… ! commenta Harry. Si elle t’a sourit c’est
qu’elle ne te déteste pas tant que tu le penses ! »
James resta
silencieux mais acquiesça, sans se départir de son petit sourire rêveur.
«- Alors, il faut
que je lui montre qui je suis vraiment… ? reprit-il.
- Reste comme tu es…, c’est tout… !
Seulement, il faudrait que tu arrives à lui montrer que, certes, tu es un
Maraudeur, mais que tu peux aussi être quelqu’un de sérieux et de responsable…,
et c’est en ça que ton poste de Préfet-en-Chef va te servir… ! Rien qu’en
prenant ton rôle plus au sérieux, je suis sûr que ça changerait déjà les choses… ! »
James acquiesça à
nouveau.
«-
J’essayerai… ! assura-t-il. Merci beaucoup, Harry… !
- Si mes conseils peuvent t’aider, c’est
l’essentiel… ! répliqua ce dernier.
- Hum… ! Mais, il faut que cette
discussion reste entre nous, hein ?
- Ne t’en fait pas ! Je ne dirais
rien… ! certifia Harry. Alors, tu la veux ta part de gâteau, ou
pas… ? »
James sourit,
mais prit le gâteau avec plaisir.
«- Lily reviens
demain, il me semble, non ? demanda finalement Harry.
- Ouais… ! » confirma James, entre
deux bouchées de gâteau.
Et les deux adolescents repartirent dans leurs
discussions, parlant de tout et de rien.
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